Blog consacré à la langue portugaise et culture lusophone. "Minha pátria é a língua portuguesa" Fernando Pessoa Lusophilement vôtre

Originaire de Lisbonne et issu de la scène graffiti, Artur Bordalo, alias Bordalo II, 30 ans, s’est fait connaître ces dernières années par ses monumentaux bas-reliefs réalisés à partir des rebuts en plastique des villes, qu’il découpe et assemble pour composer des animaux saisissants de réalisme à l’échelle des murs. Des apparitions qui traduisent son intérêt pour les questions environnementales : pollution des océans par le plastique, étalement urbain, disparition des espèces… L’artiste signait en mai sa première installation parisienne (un rat blanc) sur le M.U.R Oberkampf, où les artistes se succèdent tous les quinze jours.
C’est à cette occasion qu’a germé avec la galerie Mathgoth, spécialisée dans les arts urbains, l’idée d’un double projet : une nouvelle installation dans l’espace public et une exposition (attendue pour novembre 2018). Cette articulation est devenue récurrente dans le milieu : les artistes choisissent des galeries à travers le monde capables de leur dénicher des espaces de choix dans la rue en plus d’exposer leur travail d’atelier. Avec une difficulté supplémentaire dans le cas de Bordalo II : trouver un mur avec l’autorisation de le percer pour fixer ses structures d’envergure. Plusieurs mois de recherche ont abouti à un bâtiment situé rue du Chevaleret (13e arr.) juste devant le métro Bibliothèque-François-Mitterrand. Séduit, son propriétaire, le promoteur Emerige, par ailleurs mécène en art contemporain, a financé le projet.
L’artiste, qui choisit toujours une espèce animale en lien avec le contexte, a cette fois opté pour un castor. Si personne n’a jamais croisé de castor dans le 13e arrondissement, l’animal semble y avoir eu sa place en des temps anciens au fil de la Bièvre, rivière parisienne intégralement recouverte en 1912, car bièvre est l’ancien français pour castor. Un animal bâtisseur pour lequel cette accumulation de matières fonctionne particulièrement bien. Poubelles parisiennes, valise, arrosoir, ballon, chaises, pare-chocs, tuyaux : quelque 20 m3 d’objets en plastique – rassemblés grâce à des tournées dans les rues, la collaboration de la déchetterie locale et quelques achats – auront été nécessaires à l’artiste pour concevoir la bête de quelque 8 mètres de haut. L’assemblage a été préparé à plat, avec une simple photo pour modèle, et monté en quatre sections, avant d’être retravaillé à la peinture directement sur le mur.
Source : Le Monde
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