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Blog consacré à la langue portugaise et culture lusophone. "Minha pátria é a língua portuguesa" Fernando Pessoa Lusophilement vôtre

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JOURNÉE DE RÉFLEXION SUR L'ENSEIGNEMENT DU PORTUGAIS EN FRANCE

À l’initiative de l’ADEPBA, a eu lieu à Paris la Journée de réflexion

«Enseigner le portugais en France : réalités et perspectives»

Le 27 mars dernier, à l’initiative de l’Association pour le Développement des Études Portugaises, Brésiliennes, d’Afrique et d’Asie lusophones, a eu lieu à l’Hôtel de Ville de Paris une Journée de réflexion intitulée «Enseigner le portugais en France : réalités et perspectives» qui devait faire écho à deux préoccupations majeures des enseignants de portugais : comment développer l’enseignement du portugais en France et comment assurer sa continuité pédagogique à tous les niveaux ?

Le nombre important de participants, ainsi que la variété des questions posées ont démontré combien cette rencontre était attendue. Christophe Gonzalez, Président de l’ADEPBA, a ouvert les débats en invitant le public à s’exprimer librement et sans tabou sur tous les sujets liés à l’enseignement du portugais en France. A la table officielle, ont pris également la parole, en guise d’introduction, Hermano Sanches Ruivo, Conseiller de Paris, pour souligner que «la langue portugaise n’est pas encore à sa juste place et qu’il est impératif de créer des synergies, avec les enseignants de portugais, les associations, les entreprises et les institutions»; Michel Pérez, Inspecteur général de l'Éducation nationale, pour saluer cette «initiative importante de l’ADEPBA qui permet d’échanger, de s’informer et de se donner encore des moyens pour mieux intégrer l’enseignement du portugais à tous les niveaux»; Gertrudes Amaro, Conseillère culturelle chargée de l'enseignement à l’Ambassade du Portugal, a mis l’accent sur la nécessité d’assurer une continuité pédagogique entre le Primaire et le Secondaire et a rappelé l’important travail de liaison qui est effectué avec les services académiques; Eloisa Bordieri, Chargée de la coopération éducative à l’Ambassade du Brésil, a exprimé sa volonté de solliciter auprès du Ministère de l’Éducation brésilien un engagement plus important en faveur de l’enseignement du portugais.
Puis ont eu lieu les diverses interventions des professeurs, des étudiants, des représentants d’associations et de parents d’élèves, ainsi que celle d’Olivier Giron, Chef de département à la Direction des relations européennes et internationales et de la coopération au Ministère de l’Éducation nationale qui a rappelé l’importance des relations internationales de la France avec les pays lusophones. Les questions posées ont permis d’aborder les points suivants : l’avenir de la langue portugaise dans le cadre de la réforme des lycées; le nombre croissant des vacataires (12%), ainsi que le volume important d’heures de cours de portugais données dans les établissements secondaires, afin de satisfaire aux besoins des élèves mais qui ne sont pas officialisées par l’administration, ce qui compromet l’implantation de la discipline; le manque de reconnaissance de cet enseignement («nous sommes un peu des clandestins», clame un enseignant) et une certaine logique comptable qui entraîne des effets pervers; les difficultés pour ouvrir des classes bi-langues en 6ème et répondre ainsi aux choix des élèves qui arrivent du Primaire, ce qui affaiblit le choix de la LV2 en 4ème; la quasi inexistence du portugais dans les filières professionnelles et technologiques; le manque de professeurs dans certaines académies; le cas des très nombreux élèves qui se présentent aux épreuves du Baccalauréat sans avoir fréquenté des cours de portugais; le décalage entre le nombre important d’élèves qui étudient le portugais en Primaire (50% du total) et les évolutions dans le Secondaire; l’image encore à valoriser de la langue portugaise en France qui n’intègre pas sa dimension internationale.

L’après-midi a été en partie consacrée à une présentation, par Michel Pérez, de l’état de l’enseignement du portugais dans le Secondaire, en France, dont nous retenons notamment les données suivantes: augmentation des effectifs de 3% par an mais baisse considérable des postes mis aux concours (1984 : 24 postes pour le CAPES; 2010: 2 postes) et des professeurs de portugais (-12% en 10 ans); par ailleurs, concernant le choix de la langue, actuellement 48% des élèves de portugais sont inscrits en LV2 et 28% en LV3. Enfin, la dernière question abordée a été celle des stratégies à mettre en oeuvre : être présent sur le terrain, expliquer ce qu’est l’enseignement du portugais, changer son image culturelle, réaliser des actions et des coopérations innovantes. En clôturant la Journée, Christophe Gonzalez remercie la présence également de la CCPF, des associations Voix Lusophones et Cap Magellan, ainsi que le soutien de la Caixa Geral de Depósitos.

 

Dominique Stoenesco

Source : LusoJornal n°250 du 31/03/2010

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